Commençons par le début avant de rêver de paysages paradisiaques, de danseuses de Hula, de surfeurs et surfeuses contemplant la prochaine vague à venir au soleil couchant. Le but premier de mon « voyage » sur l’archipel Hawaiien est de présenter mes travaux de recherche lors du meeting de l’ASLO, acronyme de « Association for the Sciences of Limnology and Oceanography », comprendre l’association internationalo-américaine pour la recherche en limnologie (sciences des eaux continentales) et en océanographie (sciences des océans).
Samedi 25 Mars 2017 : je dis au revoir à Anne que je ne verrai pas pendant trois semaines, vérifie une énième fois que j’ai mon passeport, enfourne mon sac à dos dans le coffre de la navette, et pars en direction de l’aéroport de La Tontouta. Embarquement porte A1, pour le vol NZ 783 à destination d’Auckland. 3 heures de vol dans un avion aux couleurs des All Blacks, escale à Auckland puis direction Honolulu International Airport, 9 heures de vol. Changement d’hémisphère, je passe de 22°Sud à 20°Nord… C’est l’hiver à Hawaii, il fait… 25 degrés !
Je retrouve mes compagnons d’océanographie que j’ai laissé 3 mois plus tôt à Marseille. Parmi eux je me fais une réelle joie de retrouver Louise, ma « sœur de thèse », avec qui je partage mon cursus universitaire depuis plus de 4 ans, toujours un demi point derrière elle ! Il faut le dire, Louise est un génie. Je pense que cela vient du prénom, Louise ma « sœur de sang » est aussi un génie !
Le jour attendu arrive. Avec plus ou moins d’anxiété nous répétons ensemble une dernière fois nos présentations et accordons nos violons. Je suis le bizu du groupe, pour moi c’est la première. Les plus anciens ne comptent plus à combien ils en sont, mais tel un comédien avant d’entrer en scène le stress est toujours présent…
Alors que je m’apprête à présenter le fruit de ces deux dernières années de travail acharné et passionné, deux ans plus tôt je me trouvais bien plus au Sud entre Nouméa et Tahiti à bord de l’Atalante pour ma première campagne océanographique. Cette campagne océanographique d’un mois et demi au cours de laquelle je faisais mes premières armes, récoltais mes premiers échantillons, injectais des bulles d’azote dans des bouteilles d’eau de mer, filtrais des litres et des litres d’eau de mer avec mes comparses, jours et nuits… S’en sont suivi des journées, des weekends et des nuits blanches d’analyses et de réflexion à Paris, Marseille et Nouméa… Oui la science c’est prenant et passionnant !
Ça y est, c’est à mon tour de monter au pupitre. Je mentirai en disant que je ne suis pas envahi par le stress. Les mains tremblantes, je m’accroche au pupitre pour cacher ce mal et déroule mon discours, parlant de bilan d’azote, d’océan Pacifique Tropical Sud-Ouest, de fixation d’azote, de stratégie adaptative Lagrangienne, d’oligotrophie, de régression linéaire, de coefficient de diffusion turbulente… 14 minutes ce sont écoulées, je ne les ai pas vu passer… L’esprit libre je peux écouter sereinement les autres conférences !

La semaine de conférence au Hawaii Convention Center se termine, je peux profiter d’Honolulu et de Waikiki que j’ai traversé deux fois par jour pendant une semaine sans vraiment trop y prêter attention. Waikiki est certainement le quartier le plus connu d’Honolulu avec ses gratte-ciel qui longe Waikiki Beach. Le long de Kalakaua Avenue, l’avenue principale de Waikiki bordée de cocotiers, se mélangent les plus grandes marques de luxe française pour le plus grand plaisir des touristes japonais, les surf-shops et skate-shops appartenant radicalement à la culture locale, et les ABC-Stores qui vendent tous les souvenirs possibles d’Hawaii, made in china bien entendu.
Sur la plage les hawaiiens flânent aux pieds de la statue de Duke Kahanamoku, avec leurs planches de surf, le corps sculpté, pectoraux et abdos saillant chez les hommes, maillots échancrés et fesses bronzés chez les femmes, pour le plaisir des yeux. Paradoxalement, les touristes japonais se baignent entièrement habillés, de la tête aux pieds, avec des gants pour certaines. Pendant que d’autres immortalisent leur voyage de noce au milieu du Pacifique , ou font le tour de la ville en bus open space. A tout cela s’ajoute la ferveur des villes américaines : grandes rues perpendiculaires, énormes camions de pompier, traditionnels school bus jaunes, ambulances aux sirènes stridentes et voitures de polices que les fans d’Hawaii 5-0 connaissent bien. La touche locale : pas de casque en moto, de quoi donner encore plus de gueule à ceux qui chevauchent leurs Harley-Davidson plus grosses les unes que les autres, de quoi faire rêver Bruno !
Pour prendre plus de hauteur sur la ville et se rendre compte de son ampleur il y a l’hélicoptère ! Mais absolument pas dans mon budget, je préfère prendre le bus et grimper en haut de Diamond Head, le cratère de l’ancien volcan au pied duquel est construite Honolulu. D’en haut la vue est superbe. C’est la carte postale typique d’Honolulu : l’océan bleu turquoise, la langue de sable jaune et les gratte-ciel ! De nuit la vue doit être encore plus jolie avec toutes ces tours allumées. Le soir nous faisons une dernière virée nocturne dans Waikiki avant de décoller le lendemain pour Kona…
Aloha.
Mathieu
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